Les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes.

CAMPAGNE 2019

Le comité des 12 jours d’action vous remercie de votre implication et de vos dons pour cette 7 ème édition.

Parce que l’élimination de la violence faite aux femmes se poursuit aussi tout au long de l’année, restez à l’affût des activités des organismes membres du comité en consultant leur site internet !

Soyez nombreux parmi nous l’an prochain !

Au Québec, la campagne de sensibilisation se déroule du 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes) au 6 décembre (Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes), s’inscrivant ainsi dans le cadre de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes.

Dans le cadre de ces 12 jours, de nombreuses actions sont organisées par dans toutes les régions du Québec afin de sensibiliser la population au phénomène de la violence faite aux femmes et de demander des engagements concrets de la part des gouvernements provincial et fédéral pour éliminer cette triste situation qui perdure malgré les avancées notables des droits des femmes au Québec et au Canada.

Pourquoi la thématique : les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes !

L’édition 2014 de la Campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence porte trois objectifs. Il s’agit d’abord de commémorer le triste 25e anniversaire de la tuerie de l’École Polytechnique. Il importe également de se rappeler les luttes gagnées par les femmes pour l’exercice effectif de leurs droits. Il convient finalement de continuer le combat pour que l’égalité de droit devienne une réalité dans les faits.

En effet, depuis plusieurs années, des discours proclament l’atteinte de l’égalité entre les hommes et les femmes. Ces mêmes voix remettent en question la spécificité de la violence envers les femmes : elles seraient aussi violentes que les hommes, qu’il s’agisse de violence physique, psychologique, verbale, économique et, même, sexuelle

Rappelons que la violence envers les femmes désigne l’ensemble des comportements violents, individuels ou collectifs, fondés sur le genre. D’ailleurs, les instances internationales reconnaissent l’existence de discriminations systémiques envers les femmes. La Déclaration de l’Organisation des Nations unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes affirme que : « la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes. » (2)

Rappelons également que les agressions sexuelles sont à considérer dans le continuum des violences envers les femmes. Violence conjugale et familiale, agressions sexuelles (attouchements, inceste, viol, viol collectif, viol en temps de guerre, etc.), harcèlement sexuel et psychologique, mutilations génitales, stérilisation forcée, féminicide, traite des femmes à des fins économiques et sexuelles, exploitation sexuelle, marchandisation et objectification du corps, pornographie : tous ces traitements dégradants sont surtout imposés aux femmes, parce qu’elles sont des femmes.

Au Québec, en 2012 (3), les données policières montrent que les femmes forment 80% des victimes d’infractions commises dans un contexte conjugal. Outre ce constat, on remarque qu’elles composent la grande majorité des victimes d’agression sexuelle (96%), de séquestration (97%), d’enlèvement (95%) et d’homicide conjugal (93%). Parmi les femmes victimes, 25% ont été battues, 20% d’entre elles ont failli être étranglées, 13% ont été menacées d’une arme et 20% victimes d’agression sexuelle. Chez les hommes, les pourcentages respectifs sont de 10, 4, 8 et 3%. Les chiffres montrent aussi que trois fois plus d’hommes que de femmes posent des gestes constituant un danger pour leur partenaire. Le constat est vite fait !

Au-delà des inégalités entre les sexes, les discriminations tendent à s’accumuler pour les femmes qui sont, de fait, plusieurs fois victimes (pas de « papier », donc pas d’adresse, donc pas de revenu, donc pas de soin de santé, ni de soutien pour les enfants, ni accès aux garderies à tarif réduit, ni, ni, ni, etc.).

L’enquête sociale générale (Statistique Canada, ESG, 2009) indique que les femmes limitées dans leurs activités, à cause d’une condition ou d’un problème de santé, sont quasiment deux fois plus sujettes à la violence conjugale que les autres femmes. Les femmes en situation de handicap et les femmes Sourdes subissent beaucoup plus d’abus(4). Elles pâtissent des formes les plus sévères de violences, dont l’agression avec une arme et l’agression sexuelle, et ce, sur de très longues périodes.

Au Canada (5), les femmes autochtones affichent un taux de violence plus élevé que leurs concitoyennes allochtones, tant au chapitre de la violence familiale que des autres formes de violence. Les statistiques indiquent que les femmes autochtones subissent des formes plus graves de violence et sont plus souvent victimes de tels actes. Au Canada, plus de 1186 femmes autochtones sont disparues ou ont été assassinées au cours des 30 dernières années. Proportionnellement, cela représente 30 000 femmes canadiennes, ce qui équivaut à faire disparaître la totalité de la municipalité de Pointe-Claire dans la région de Montréal. Selon le rapport de la GRC, les femmes autochtones constituent 16% des victimes de meurtres et 11% des femmes disparues alors qu’elles ne comptent que pour 4% de la population. Malgré tous ces chiffres alarmants, le gouvernement fédéral refuse toujours de s’engager à mener une commission d’enquête publique et indépendante sur la question.

Les femmes autochtones victimes de violence familiale étaient plus nombreuses à craindre pour leur vie que les allochtones (52% par rapport à 31% des femmes victimes non autochtones). Mentionnons également que les femmes autochtones de 25 à 44 ans sont cinq fois plus susceptibles que les autres femmes du même âge de mourir à la suite d’actes de violence (6).

Finalement, mentionnons que plus de 95% des personnes exploitées sexuellement dans l’industrie du sexe sont des femmes. La traite à des fins d’exploitation sexuelle, souvent oubliée, est la forme de violence envers les femmes la plus en expansion (7). On estime qu’elle génère près de 32 milliards de chiffre d’affaire annuel (8).

On occulte donc la spécificité de la violence envers les femmes : cela se traduit par la propagation du concept de « symétrie ». On véhicule simultanément l’idée que l’égalité entre les femmes et les hommes est atteinte.

La violence envers les femmes est une violation de droits humains. Conséquemment, les autorités n’ont d’autre choix que d’intervenir en tenant compte de la spécificité de cette problématique et des différentes formes de victimisations vécues par les femmes. Notre but collectif est de pouvoir garantir, à toute femme, l’exercice effectif de son droit à la sécurité et à vivre dans une société sans violence.

Les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes. En cette année marquant le triste 25e anniversaire du massacre sexiste de l’École polytechnique, il est impératif de se souvenir et, surtout, d’agir ! Faites parties de la solution !